pierre gaudu / photographies

samedi 11 septembre 2010

commentaire d'un ami peintre...

     Je viens de découvrir tes dernières productions, peintures et photos : sincèrement bravo, c'est impressionnant.


     Tout cela est parcouru d'une puissance expressive étonnante. Certainement parce que ce que tu peins (« Trésor de guerre », « Territoire d’incertitude », etc.) comme ce que tu photographies (« Torrent du Grand-Serre », « Branche d’acacia brassée par le vent », etc.) vit, bouge, respire, grouille, parfois s'agite vivement, et jusque dans ces photos où tu parviens à débusquer le vivant dans n'importe quel sujet inerte. C’est  la pierre finement innervée, parcourue par l’énergie du mystère hiératique qu’elle enferme ; c’est l’arbre abattu que la mousse et le lichen colonisent pourtant ; et c’est la glace sur le lac qui, en fondant, libérera l’ondulation obstinée de l’eau finissant imperceptiblement sur la rive.

     Mais ces mouvements qui trahissent l’omniprésence de la vie, s'ils peuvent évoquer la sérénité et la quiétude, une calme respiration, se font souvent colériques, violents ou véhéments, et semblent trahir une furieuse envie de secouer le monde entier, peut-être pour l'absurdité de notre pauvre condition de mortels.

     Certes la souche de « Mes hommages » était photogénique, mais le fait de la photographier n'était pas anodin : elle évoque évidemment (au moins pour moi) une créature monstrueuse, mortellement blessée et secouée de terribles et ultimes spasmes. D'autres auraient photographié des arbres en fleurs et la beauté quand elle se fait gratuite et facile ; ici, comme toujours dans tes peintures et photos, on est loin de l'extase béate. Qu’ils soient microscopiques ou puissamment affichés, les mouvements incessants qui habitent ta production font naître une profonde tension dramatique qui nous renvoie singulièrement à nous mêmes, exactement là où notre impuissance à dire est la plus douloureuse ; au moment où d'autres êtres, d'autres feuillages, d'autres eaux, d'autres pierres des torrents, d'autres souches continueront de bruire et de s'agiter, alors que nous-mêmes finirons de bouger.

     Et cette convocation n'est évidemment pas rien. D’autant que tu nous l’adresses toujours avec la justesse de ton qui convient.

     Bien à toi,

     J.M. Deny
     et son blog : http://jm-deny.over-blog.com/

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